16.01.2018 / Non classifié(e) / /

Non à l’offensive radicale contre le service public

Le service public est en danger. L’initiative No Billag veut abolir les redevances radio et télévision, privant ainsi de nombreuses radios et télévisions locales et la SSR de leurs moyens d’existence. Pour notre démocratie, les petits cantons et les groupes linguistiques, cette initiative est toxique et doit donc être clairement rejetée le 4 mars.

La Suisse et ses régions disposent aujourd’hui d’une offre diversifiée et équilibrée par le biais des radios et télévisions locales et de la SSR. L’initiative No Billag veut priver ces fournisseurs de leur base financière. Cela signifierait, entre autres, la fin de 21 radios et 13 télévisions régionales (et de leurs employés) qui apportent une contribution importante à nos régions linguistiques et à la démocratie.

La démocratie a besoin de citoyens informés

Une démocratie qui fonctionne dépend de citoyens informés. Aujourd’hui, les médias locaux remplissent une mission d’information importante, ancrée et définie précisément dans la loi. Par exemple, les radios locales sont tenues de fournir des informations sur des thèmes locaux et régionaux. A l’avenir, l’initiative No Billag entend organiser l’attribution des concessions de manière à ce que la Confédération les mette aux enchères et les octroie aux plus offrants. Cela ouvre grand la porte à des chaînes privées qui disposent d’importants moyens financiers et qui orientent de plus en plus leurs programmes sur le divertissement. La contribution à la diversité et à l’intégration politique, culturelle ou sociale ainsi qu’à de l’information neutre et à la formation d’opinions équilibrées est menacée.

Un danger pour la solidarité et les minorités

La Suisse est un pays avec de nombreuses particularités régionales et quatre régions linguistiques. Ces aspects ne doivent pas être oubliés. Le service public actuel couvre toute la Suisse et est un exemple de la solidarité suisse : plus de 70 pourcent des rentrées d’argent de la SSR proviennent de Suisse alémanique, mais seul 43 pourcent sont effectivement consacrés à des programmes en allemand. La différence sert à financer des stations de radio et de télévision dans les trois autres régions linguistiques minoritaires du pays et garantit ainsi que ces régions reçoivent de l’informations complète et équilibrée. De surcroît, il existe aujourd’hui aussi des programmes avec audiodescriptions et en langue des signes pour les malvoyants et les malentendants. En cas d’acceptation de l’initiative ceux-ci ne seraient plus garantis.

L’initiative No Billag met en danger la libre formation d’opinion, est non solidaire et non suisse. Elle donne aux investisseurs étrangers, ayant les moyens financiers, la possibilité d’évincer les médias suisses du marché. C’est pourquoi le 4 mars, les jeunes PDC Suisse disent NON à l’initiative No Billag.